Réseau Sagne Montagne Noire

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Cartographie des zones humides - 2013

Un inventaire exhaustif des zones humides a été réalisé sur 28 communes de la Montagne Noire

Cet inventaire a duré 3 ans (2011 - 2012 - 2013 ) et a recensé 598 ha de zones humides, répartis sur 372 sites.

La moyenne de la surface des zones humides recensée est de 1.60 ha, et le plus grand site couvre 45 ha.

Pour voir la carte au format A0 cliquez ici.

Qu’appelle t-on "zone humide" ?

Entre terre et eau

Une zone humide est un milieu naturel très particulier, un espace de transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. L’eau est le facteur principal qui contrôle la vie sur ce type de milieux, que ce soit de la flore ou de la faune.

La loi sur l’eau du 3 Janvier 1992 les définit ainsi : « ce sont des terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire ; la végétation quand elle y existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année. »

Les zones humides de la Montagne Noire audoise

On rencontre en Montagne Noire audoise plusieurs formes de zones humides.


Les tourbières

On les rencontre en altitude, sur la partie sommitale de la Montagne Noire, depuis Laprade jusque Pradelle, au pied du Pic de Nore.
Composées d’un substrat d’origine organique que l’on appelle "la tourbe", ce sont des formations vieilles de quelques 5 à 10 000 ans.
Elles ont pour principale caractéristique de retenir l’eau, tels des barrages. Ce sont les gardiennes des sources. Cette présence d’eau quasi permanente dans les tourbières crée des conditions de vie très dures. Le milieu est très acide, très froid, et seules quelques espèces très particulières supportent ces conditions. On parle de refuge de biodiversité.
L’espèce emblème des tourbières est la Drosera , petite plante carnivore qui s’est adaptée aux conditions du milieu en développant une aptitude à capturer et digérer des petits insectes.


Les prairies humides

Plus bas en altitude, aux alentours des 5 à 600 mètres, on rencontre des prairies humides. A la différence des tourbières, leur substrat est composé de matière minérales (argiles).
Elles ressemblent à des prairies classiques, mais ont une capacité à retenir l’eau au moins une partie de l’année, qui va leur permettre de rester vertes plus longtemps en été et constituer des pâturages particulièrement intéressants pour l’élevage. En Montagne Noire, ces prairies sont particulièrement bien conservées. elles n’ont pas fait l’objet de drainage, et ont intelligemment été intégrées dans l’utilisation pastorale traditionnelle des parcelles.


Les bois humides

Formations relativement petites, on n’en trouve que quelques unes en Montagne Noire, à proximité des cours d’eau ou dans les bas fonds.
Ils sont souvent une étape de développement naturel sur des praires humides ou tourbières qui ne sont plus pâturées.


Les mares

Les mares sont avant tout des formations artificielles, mais de par leur vie biologique particulièrement riche, elles jouent un rôle majeur pour la biodiversité.
La végétation qui se développe sur les marges des mares ou étangs est une végétation de zones humides qui apprécient d’avoir les pieds dans l’eau au moins une partie de l’année.

Pourquoi conserver les zones humides ?

La Montagne Noire audoise, située à la rencontre des climats méditerranéen et atlantique, est le théâtre de phénomènes climatiques excessifs où l’eau peut soit manquer, soit tomber en abondance et avec violence entrainant catastrophes et inondations. L’Aude est un département régulièrement marqué par des épisodes où l’excès d’eau ou le manque d’eau font de dégâts importants

Dans ce contexte particulier, la présence de zones humides est éminemment précieuse.

Infrastructures naturelles, elles jouent un rôle majeur pour la ressource en eau

Retenir et ralentir l’écoulement de l’eau

JPEGLes zones humides retiennent et ralentissent l’écoulement de l’eau. En période de fortes pluies, elles ralentissent les écoulements, atténuant ainsi les effets de crues en aval. L’eau ralentie, peut alors s’infiltrer et rejoindre les nappes souterraines.
En période de sécheresse, elles gardent l’eau permettant à la végétation de se maintenir, et de garder des zones de pâturage pour les bêtes. Elles relâchent également cette eau vers les ruisseaux qui gardent un niveau d’étiage suffisant pour que la faune piscicole puisse s’y maintenir.

Ce rôle de "barrage naturel" protège les populations de ce territoire, préserve leur ressource en eau et sa disponibilité, et leur évite de couteuses dépenses infrastructures artificielles.


Réservoir de biodiversité

les zones humides, offrent des conditions de vie très particulières, du fait de la présence d’eau permanente ou temporaire, et seules quelques espèces parviennent à vivre dans ces milieux, au point d’en être devenues totalement dépendantes. On dit qu’elles sont inféodées à ces milieux, ce qui signifie, que si la zone humide disparait, toutes les espèces de faune et de flore qui y vivent disparaissent avec elle, car elles ne peuvent trouver ailleurs refuge offrant les mêmes conditions. C’est pourquoi on trouve dans les zones humides, des espèces rares.

Si on parle des tourbières par exemple, les espèces que l’on y rencontre sont des espèces courantes dans le nord de l’Europe (zone atlantique) ou de la Russie (zone boréale) où les tourbières sont nombreuses, mais chez nous, en limite sud de l’aire de répartition, elles ne peuvent vivre que dans les limites de nos petites tourbières. La drosera, petite plante carnivore ne se rencontre en Montagne Noire que dans les tourbières.

Par ailleurs, la faune de la montagne apprécie de trouver des points d’eau et de l’herbe sur son territoire, et en cela les zones humides profitent à tous.


Puits de carbone

les tourbières sont des formations qui capturent le carbone et le stockent. Les processus de décomposition de la matière organique sont stoppés dans une tourbière à cause des conditions physico-chimiques qui empêchent une dégradation complète du carbone. Les matières accumulées dans la tourbière (la tourbe) sont du carbone dont le cycle est bloqué. Ce blocage est du à la présence d’eau permanente.


Influence sur le climat local

la présence de zones humides nombreuses sur un territoire maintient une ambiance humide et douce qui tempère les excès du climat. Et face au changement climatique actuel, il devient stratégique de préserver ces milieux qui protègent des excès du climat.


Rôles économiques et sociaux

Assurances sécheresse pour l’élevage

les zones humides garantissent aux éleveurs une production de fourrage en fin d’été, lorsque les autres parcelles sont sèches, ce qui leur évite de puiser sur leurs réserves de fourrage de l’hiver. Les étés où la sécheresse est particulièrement forte, ce qui est courant en Montagne Noire, la production d’herbe sur les zones humides est particulièrement intéressante.


Du gibier et du poisson
  • Zones d’alimentation de la faune en période sèche, elles contribuent à maintenir une grande variété d’espèces cynégétiques
  • Zones de régulations des eaux, elles permettent le maintien de la faune piscicole par le soutien d’étiage des cours d’eau

Des paysages qui nous façonnent la culture locale
  • Paysages très particuliers, elles s’inscrivent dans une culture et un patrimoine local, valorisés au travers d’activités touristiques
  • Lieux de vie très riches, elles sont de véritables supports d’activités pédagogiques et scientifiques

Les zones humides contribuent à créer à la fois de la richesse économique et du lien social.

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