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Qu’appelle t-on « zone humide » ?

Entre terre et eau

Une zone humide est un milieu naturel très particulier, un espace de transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. L’eau est le facteur principal qui contrôle la vie sur ce type de milieux, que ce soit de la flore ou de la faune.

La loi sur l’eau du 3 Janvier 1992 les définit ainsi : « ce sont des terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre, de façon permanente ou temporaire ; la végétation quand elle y existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année. »

Les différentes zones humides du Tarn

LES SAGNES DU TARN : Une invitation au voyage


Les tourbières (ou sagnes)

Ce sont les zones humides les plus spectaculaires que l’on rencontre dans le Tarn. Elles se trouvent essentiellement dans les Monts de Lacaune et la Montagne Noire. On en connaît aujourd’hui à peu près 2035 ha, réparties en petites parcelles de 1 à 20 ha.
Elles renferment une flore très particulière car elle constitue un refuge pour des espèces qui ne peuvent se développer que dans ce type de milieux. La drosera, petite plante carnivore, est typique des tourbières.
Le substrat tourbeux peut mesurer dans nos montagnes jusqu’à 2 mètres de profondeur, ce qui correspond à une accumulation de matière depuis environ 5000 ans.


Les prairies humides

Elles sont également très présentes dans les massifs de moyenne montagne.
Une flore très particulière s’y développe supportant les variations entre des périodes de submersion complète en hiver et des périodes plus séchantes en été.


Les prairies inondables

On les rencontre essentiellement en plaine.
Elles correspondent aux zones d’expansion des crues. Autrefois laissées en pâturage pour permettre à l’eau de s’étaler et de s’infiltrer lentement en période de crues, elles sont de plus en plus mises en culture et ne jouent plus leur rôle de régulation des écoulements et d’atténuation des effets de crues.


Les gravières

Anciennes carrières d’exploitation de granulats alluvionnaires, ce sont des habitats artificiels de substitution pour la faune aquatique, tels les canards ou hérons que l’on rencontre le long de la basse vallée de l’Agoût, ou encore du Tarn.


Les ripisylves, ou forêts rivulaires

Ce sont les cordons boisés qui longent les cours d’eau et qui sont composés d’espèces aimant les sols frais et humides, et supportant les alternance de périodes de submersion et de périodes plus sèches.
Frênes, Aulnes, Saules… sont autant d’espèces typiques des ripisylves.


Les mares et étangs

Dans les mares et les étangs, à l’interface entre la terre et la zone d’eau libre, se développe une végétation typique des zones humides.
Des espèces végétales aux besoins hydriques différents s’y développent.

Pourquoi les conserver ?

50% des zones humides françaises ont disparu depuis 50 ans.

Longtemps considérées comme des milieux insalubres ou dangereux, elles ont subi les assauts des travaux de drainage, et de comblement destinés à les rendre plus « exploitables » par l’agriculteur ou l’aménageur.
Elles ont également été beaucoup abandonnées, surtout en zone de montagne car l’évolution des pratiques agricoles a rendu le pâturage traditionnel obsolète et peu rentable. L’abandon a entraîné leur fermeture et l’appauvrissement de la biodiversité présente sur ces milieux.

Aujourd’hui, on réalise combien l’assainissement systématique ou l’abandon ont fait de dégâts.

Quels services nous rendent les zones humides ?

Infrastructures naturelles, elles jouent un rôle majeur pour la ressource en eau
  • Réservoirs d’eau, elles alimentent les nappes souterraines
  • Zones d’expansion des crues, elles limitent les effets catastrophiques des inondations en ralentissant l’écoulement de l’eau
  • Zones de régulation des écoulements, elles retiennent l’eau en période de fortes pluies (tourbières) et la relâchent progressivement en été permettant ainsi de maintenir des niveaux d’eaux suffisant dans les cours d’eau (soutien d’étiage)
  • Zones à forte production végétale, certaines zones humides jouent le rôle de philtre à nitrates, et participent à la dépollution des eaux de surface
  • Les tourbières, zones humides très particulières, sont des puits de carbone ; elles emprisonnent le carbone des plantes et contribuent ainsi à limiter la libération de CO² dans l’atmosphère
  • Les zones humides influent sur le climat local et tempère les effets excessifs du climat.

Tous ces services rendus naturellement limitent la construction par l’Homme de très lourdes et coûteuses infrastructures artificielles.

Réservoirs de biodiversité, elles renferment sur à peine 3% du territoire plus de 10% des espèces rares et menacées en Midi-Pyrénées
  • Zones refuges pour des espèces rares et menacées ; elles offrent des conditions écologiques si particulières qu’elles constituent des refuges pour des espèces qui ne peuvent se développer dans des conditions plus communes. On dit que les espèces sont inféodées à ce type de milieux.
  • Zones d’alimentation et de repos pour la faune sauvage.

Les zones humides contribuent très largement à l’équilibre des écosystèmes et à l’expression de la biodiversité.

Rôles économiques et sociaux

  • Zones d’alimentation du bétail lors des étés secs, elles constituent une réserve de fourrage non négligeable pour les agriculteurs de montagne
  • Zones d’alimentation de la faune en période sèche, elles contribuent à maintenir une grande variété d’espèces cynégétiques
  • Zones de régulations des eaux, elles permettent le maintien de la faune piscicole par le soutien d’étiage des cours d’eau
  • Paysages très particuliers, elles s’inscrivent dans une culture et un patrimoine local, valorisés au travers d’activités touristiques
  • Lieux de vie très riches, elles sont de véritables supports d’activités pédagogiques et scientifiques

Les zones humides contribuent à créer à la fois de la richesse économique et du lien social.

Où les trouver ?

Le Réseau SAGNE a recensé depuis 2001 sur le département du Tarn et la partie héraultaise du bassin de l’Agout, quelques 1235 sites recouvrant à eux seuls 4280 ha.

L’essentiel des surfaces est situé dans les parties montagneuses du département, la partie plaine ayant subi les affres des "travaux d’amélioration foncière".

L’édition de cartes sur un territoire aussi vaste avec les moyens dont nous disposons, ne permet pas une lecture facile.

Pour plus d’informations cartographiques, vous pouvez consulter le site du Pôle Départemental des zones humides à l’adresse suivante : http://zones-humides.tarn.fr/

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